Tout laisser tomber pour vivre dans un «van»

MONTRÉAL - Un couple montréalais dans la cinquantaine qui a tout abandonné pour vivre à temps plein dans un «van» de 72 pieds carrés fait rêver des internautes en documentant ses aventures nomades.

tiki motel van

Photo Nadia Lemieux

MONTRÉAL - Un couple montréalais dans la cinquantaine qui a tout abandonné pour vivre à temps plein dans un «van» de 72 pieds carrés fait rêver des internautes en documentant ses aventures nomades.

Le 12 mai dernier, Gérald Lauzon, 53 ans, et Céline Marsolais, 57 ans, ont effectué un virage à 180 degrés. Ils ont commencé à vivre à temps plein dans leur véhicule récréatif GMC Vandura de 1980, dont la mécanique a été remise complètement à neuf.

Après plus de 30 ans de mariage et une vingtaine d’années à demeurer dans la même maison, c’est par «accident» que le couple a fait le grand saut.

Ils ont succombé aux attraits du «vanning», un mot qui désigne une nouvelle génération de nomades du 21e siècle.

«Quand on s’est procuré le véhicule, c’était pour les fins de semaine et les vacances à l’occasion. Mais deux ans plus tard, j’écoutais une vidéo sur YouTube d’un monsieur qui vivait dans son van et j’ai dit à Céline : ‘’on pourrait faire pareil !’’. Et elle de me répondre ‘’ben oui, on peut le faire!’’», raconte l’homme qui a quitté son emploi de cadre à la Ville de Dollard-des-Ormeaux en juin dernier.

Libres

«Avant, on existait, dit Mme Marsolais. Maintenant qu’on a tout vendu sauf le van, on ne travaille plus pour les autres. On travaille sur nous et pour avoir du plaisir. On n’a plus de dettes, tout est payé et on vit au jour le jour.»

Ces passionnés de «vanning», terme anglais désignant le fait de voyager dans un van, utilisent le mot «purges» pour décrire le processus d’abandon de biens matériels qu’ils ont eu à effectuer plus d’une fois.

«On a donné beaucoup de choses à nos enfants. On leur a dit ‘‘c’est comme si on va mourir. Si vous voulez de quoi, c’est le temps parce que le reste va être vendu, donné ou jeté’’ », relate M. Lauzon.

«On s’est aperçu que les biens qu’on accumule, c’est des boulets, renchérit sa femme. Maintenant, on se sent super libre.»

Réalité du «vanning»

Le «Tiki Motel Van», nommé ainsi en référence aux petites statues polynésiennes porte-bonheur qui agrémentent le véhicule, a roulé sa bosse depuis le printemps dernier sur plus de 5000 kilomètres partout au Québec et en Ontario, et fait parler de lui sur le web.

M. Lauzon alimente plusieurs fois par semaine un blogue qui suit les épisodes de leur vie aventureuse. Il met un point d’honneur à documenter autant les bons moments que les pépins qui se présentent sur leur chemin.

«On a réalisé qu’avec le blogue, on vendait du rêve, donc on s’est dit qu’on avait une certaine responsabilité liée à ça. Dans n’importe quel rêve, il y a des cauchemars aussi et il ne faut pas les cacher», fait-il valoir.

Fusibles brûlés, travaux mécaniques dans le stationnement d’un Wal-Mart et embryon d’incendie sous le tableau de bord côtoient des images de paysages enchanteurs et des histoires vantant les mérites de la «liberté totale» sur ce blogue, dont le nombre de pages consultées s’élève à près de 64 500.

«Ça fait réaliser aux gens que oui, c’est beau la ‘’van life’’, mais il y a aussi des problèmes», souligne Mme Marsolais.

Le «Tiki Motel Van», ainsi qu’une dizaine d’autres véhicules du genre pourront être visités vendredi, à compter de 17 h à l’Aire Commune, dans le Mile-End, à Montréal, dans le cadre de l’événement «Go-Van x Nomad Junkies», qui se veut une célébration du mode de vie nomade.

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