Vincent Larin

Dédommagé pour l’achat d’un véhicule accidenté

Un concessionnaire de Laval a récemment dû verser 5000 $ à un homme à qui il avait vendu une voiture accidentée, alors que le client affirme avoir spécifiquement demandé qu’elle ne le soit pas.

Voiture endommagée

Un inspecteur indépendant a trouvé des morceaux de masking tape sous le pare-chocs et des traces de peinture fraîche sur les moulures de la Ford Taurus 2016 achetée usagée par Daniel Mercille, démontrant que le véhicule avait été accidenté.

Photo Vincent Larin

Un concessionnaire de Laval a récemment dû verser 5000 $ à un homme à qui il avait vendu une voiture accidentée, alors que le client affirme avoir spécifiquement demandé qu’elle ne le soit pas.

En achetant son véhicule Ford Taurus 2016 au concessionnaire Chartrand Ford, en juin 2017, Daniel Mercille affirme avoir été clair : il voulait une voiture en bon état, avec un bas kilométrage et, surtout, qui n’a jamais été accidentée.

Tout semblait en ordre à sa sortie du garage. Mais quatre jours plus tard, alors qu’il faisait nettoyer son auto « pour la remettre comme neuve », dit-il, il a eu une mauvaise surprise.

Masking tape

Des morceaux de masking tape sous le pare-chocs et des traces de peinture fraîche sur les moulures ont révélé que la voiture a été repeinte, et ce, de façon « bâclée », selon M. Mercille.

« J’étais abasourdi. J’avais spécifiquement demandé que le véhicule ne soit pas accidenté au moment de l’acheter. J’avais l’impression qu’on riait de moi », explique-t-il.

Des vérifications effectuées par un inspecteur indépendant ont révélé par la suite que l’aile avant gauche et le pare-chocs du véhicule avaient été repeints et que la calandre avait été réparée tout comme le capot, signe évident d’un ancien accident.

Petites créances

Outré, M. Mercille dit avoir confronté son concessionnaire en demandant qu’on lui offre un véhicule identique à celui qu’il avait acheté, ou bien un plus récent, prétextant que c’était sa responsabilité.

Devant le refus du commerçant, il s’est tourné vers la Cour des petites créances où un juge a décidé, en l’absence d’un représentant du concessionnaire, que M. Mercille devait être remboursé d’environ 5000 $ en comptant les intérêts.

Contacté par Le Journal, le directeur des ventes du concessionnaire Chartrand Ford, Marc Dubuc, a affirmé qu’il n’avait jamais reçu la convocation à la Cour des petites créances, d’où l’absence de représentation de la part du concessionnaire. « On lui a offert de racheter son véhicule, on lui a offert de le changer pour un véhicule du même type qu’il avait acheté, mais monsieur a refusé », a-t-il déploré.

Facilement décelable

« Nos clients, dès qu’ils signalent quelque chose, on le règle à l’amiable », a-t-il aussi assuré en ajoutant que l’entreprise n’avait aucune tache à son dossier.

Il a aussi mentionné que le concessionnaire n’avait aucune preuve que la voiture avait été accidentée, car il n’était pas doté d’un rapport Carproof (historique et évaluation de véhicules) au moment de la vente.

Pour le directeur de l’Association pour la protection des automobilistes, George Iny, il s’agit toutefois d’une affirmation douteuse puisque n’importe quel évaluateur aurait facilement pu déceler les réparations faites sur la Ford Taurus même à plusieurs mètres de la voiture.

Selon lui, la meilleure façon de se prévenir d’une mauvaise surprise comme celle qu’a vécue M. Mercille est de faire venir un évaluateur sur place au moment de l’achat d’un véhicule usagé.

 

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