Fred Mercier

J’ai conduit jusqu’à l’océan Arctique et vous devriez aussi

C’est fou de constater à quel point on ne connaît rien de notre propre pays.

Inuvik Tuktoyaktuk

Frédéric Mercier

C’est fou de constater à quel point on ne connaît rien de notre propre pays.

On sait qu’au-dessus des provinces, il y a ces immenses territoires à peu près inhabités. Ceux qui écoutaient à l’école se rappellent peut-être le nom des capitales. On sait qu’il y fait très froid, et c’est à peu près ça.

 

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Pour les explorateurs dans l’âme, ces terres inexploitées demeurent l’une des destinations les plus fascinantes. Le rêve de l’inatteignable, bien loin du stress et de la surconsommation qui empoisonnent nos villes modernes.

 

À l’ouest du pays, du Yukon aux Territoires du Nord-Ouest, la mythique Dempster Highway permet aux automobilistes de conduire jusqu’à Inuvik. Pour les aventuriers arctiques, ç’a longtemps été la destination ultime. Le bout du monde.

Sauf que depuis quelques mois, le bout du monde est un peu plus loin. À 148 kilomètres au nord, pour être exact.

L’automne dernier, le gouvernement canadien a inauguré une nouvelle route, la première au Canada à atteindre la côte de l’océan Arctique 12 mois par année. Au bout, le village de Tuktoyaktuk. Le nouveau bout du monde.

 

En pick-up, comme les locaux

C’est cette route perdue, dans un coin du Canada qu’on connaît trop peu, que Chevrolet a choisie pour présenter son nouveau Silverado 2019. Ils auraient difficilement pu trouver un meilleur endroit. Parce qu’Inuvik, c’est le royaume du pick-up.

Pas habitués de voir des camions aussi neufs, les locaux ont été nombreux à venir nous parler de leur amour ou de leur haine pour Chevrolet. Parce que là-bas, il y a deux camps. Les amateurs de GM et ceux qui ne jurent que par Ford. Impossible d’aimer les deux. Comme les Bruins et les Canadiens.

À peine sorti de l’aéroport d’Inuvik, on me remet les clés du Silverado et on m’indique le chemin vers Tuktoyaktuk.

 

Après un bref arrêt à Inuvik, on prend la route vers le Nord, sur cette nouvelle autoroute dont on parle tant ici. Je me sens déjà à l’autre bout du monde, mais j’ai encore deux ou trois heures de route à faire pour y arriver.

Premier constat: il n’y a pas de neige! Ou à peine, à quelques endroits. Moi qui croyais naïvement que le Grand Nord était enneigé à l’année, je suis plutôt tombé face à un paysage rempli de conifères, avec un climat qui valsait avec le point de congélation, le long de la route vers Tuktoyaktuk.

On dit que c’est une autoroute, mais il s’agit en fait d’une bonne vieille route de «garnotte». Il faut conduire avec prudence. Bien que flambant neuve, la route est remplie d’imperfections. Ici, pas besoin de policiers ou de radars pour contrôler la vitesse des automobilistes. Le gravier s’en charge.

 

Vaut mieux y aller en camion, mais plusieurs motocyclistes l’ont franchie sans problème cet été.  Suffit de demeurer alerte, et puis de prendre son temps.

Comme panorama, des centaines de lacs se fondent dans une vaste étendue de végétation.

 

Des lacs vierges, sans aucun chemin pour y accéder ni aucun chalet autour. Au fil des kilomètres, les sapins qui peuplent le territoire d’Inuvik disparaissent peu à peu pour laisser place à une toundra à perte de vue.

Aucune trace de civilisation, ne serait-ce que quelques pancartes qui mettent en garde contre les ours et qui rappellent de ne pas s’aventurer trop loin, question de respecter la faune.

 

Entre Inuvik et Tuktoyaktuk, c’est la nature avec un grand N. La vraie, sans aucune interférence. Durant les deux heures et demie qui séparent les deux villages, vous ne croiserez à peu près personne. Si c’est le cas, assurez-vous de les saluer. Ici, on se salue.

Et puis, quand on pense que cette route ne se terminera jamais, on voit quelques habitations au loin. C’est Tuk, perdue tout au bout. Et au fond du village, l’océan Arctique. Celui que je ne croyais jamais voir.  

 

Une route qui change tout

Longtemps coupée du reste du monde, Tuktoyaktuk est maintenant sur la «map». L’inauguration de la route, en novembre dernier, a déjà attiré son lot de curieux.

Très peu touristique par le passé, Tuk a accueilli pas moins de 6300 voyageurs cette année, tous à la conquête du bout de la route. Pour un berceau d’environ 1000 habitants, ça fait beaucoup de monde!

Une conseillère de la communauté, Annie Steen, m’a expliqué, les étoiles dans les yeux, tout le potentiel que représente cette route pour elle et ses concitoyens.

Tranquillement, Tuk s’adapte à cette nouvelle réalité. Il y a un projet d’hôtel à l’horizon. On a commencé à vendre des souvenirs aussi, question de capitaliser sur la nouvelle vocation touristique du village.

 

On veut aussi se débarrasser du dépotoir à ciel ouvert, à l’entrée du village. Pas très accueillant. «Il faut comprendre qu’avant, c’était la fin de la route, le bout du village», m’explique Jennifer Cockney, née à Tuktoyaktuk.

Bref, le meilleur est à venir. Et au cours des prochaines années, beaucoup de choses risquent de changer à Tuktoyaktuk. Tout ça grâce à un chemin de gravier.

Cette route, même si elle représente un potentiel de développement énorme pour la région, a coûté une petite fortune au gouvernement canadien. 

Il s’agit même de l’une des plus chères au monde, avec un coût de construction de 2,2 M$ par kilomètre. Ça fait plus de 300 M$, en plus d’un montant d’environ 2 M$ par année pour entretenir tout ça. Quand on pense que seulement une quarantaine de véhicules par jour empruntent cette route, ça fait beaucoup d’argent. Imaginez si elle était asphaltée!

 

Mais pour les résidents de Tuktoyaktuk, cette nouvelle ouverture sur le monde est inestimable. Et pour les voyageurs, l’océan Arctique est maintenant à portée de main.

Et même si c’est encore au Canada, vous ne vous serez jamais sentis aussi loin de chez vous.
 

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