Fred Mercier

Une moto électrique faite au Québec impressionne en Europe

Des étudiants de l’Université de Sherbrooke se sont rendus jusqu’en Espagne pour mesurer leur moto électrique à celles d’universités d’un peu partout dans le monde.

EMUS MotoStudent

Des étudiants de l’Université de Sherbrooke se sont rendus jusqu’en Espagne pour mesurer leur moto électrique à celles d’universités d’un peu partout dans le monde.

Faisant partie de l’équipe EMUS (pour Electric Motorcycle Université de Sherbrooke), cette vingtaine d’étudiants en génie sherbrookois ont travaillé d’arrache-pied au cours des derniers mois pour participer à MotoStudent, une compétition internationale qui se tient tous les deux ans et qui rassemble les meilleures motos construites par des universitaires de partout sur la planète.

Les membres de l'équipe EMUS, qui avaient auparavant construit une moto avec laquelle ils avaient notamment remporté une compétition aux États-Unis en 2016 et en 2017, sont repartis de zéro et ont conçu une nouvelle moto pour participer à MotoStudent.

 

Devant obligatoirement utiliser le moteur fourni par les organisateurs de la compétition, les étudiants de Sherbrooke ont mis au point une moto plus petite et plus agile que celle qu’ils avaient déjà en main.

Convaincus de pouvoir causer la surprise, les représentants sherbrookois sont arrivés en Espagne gonflés à bloc. «On était pas mal sûrs de notre affaire», lance sans gêne Benjamin Bédard, l’un des dirigeants de l’équipe, qui s’est déplacé jusqu’en Espagne pour mesurer sa création à celles des 24 autres équipes inscrites dans la catégorie électrique.

Même face à des équipes ayant profité d’un budget largement supérieur à celui de l'équipe EMUS, Benjamin Bédard estime que la moto québécoise faisait partie des trois meilleures. «En considérant l’argent qu’on avait, on a réussi à créer une moto de très bonne qualité», se félicite-t-il.

 

La compétition s’est entamée avec la présentation du produit, une étape où les étudiants québécois ont gagné énormément de points. Avec le châssis monocoque en aluminium et le système de suspension novateur de leur moto, les Sherbrookois en avaient long à dire aux juges du concours.

Lors des tests pratiques, toutefois, les évaluateurs ont fait remarquer à l’équipe EMUS que sa moto était trop lourde pour rien et que la batterie de 9 kWh utilisée pour sa conception était trop grosse pour les standards de cette compétition.

 

«On a voulu corriger la situation en retirant deux des six blocs qui formaient la batterie. On est alors passés à 6 kWh», explique Benjamin Bédard. Sauf que cette modification impromptue n'a pas eu l'effet escompté par les étudiants. La veille de la course sur circuit, étape finale de la compétition, la moto sherbrookoise s’est mise à surchauffer.

Incapable de corriger la situation avant le grand départ, l’équipe EMUS a dû déclarer forfait. «Ça n’a pas été une décision facile à prendre, mais on l’a fait pour des raisons de sécurité», note Benjamin Bédard.

 

Malgré cette fin en queue de poisson, les étudiants sherbrookois sont rentrés au Québec la tête haute. S'ils n’ont pas participé à la course qui comptait pour 25 % de leur note finale à la compétition, les Sherbrookois ont obtenu le neuvième rang parmi les 25 équipes.

«Les gars sont encore super motivés, ils ne veulent pas lâcher», poursuit Benjamin Bédard, qui aura toutefois terminé ses études en 2020, lorsque aura lieu la prochaine édition de MotoStudent.

Les plus jeunes prendront-ils la relève? «Il y a de bonnes chances», lance-t-il avec une pointe d’espoir. 

 

 

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