Je veux juste conduire

Laissez les autres se monter une collection et passez-moi le volant!

Toyota Tacoma

À chaque jour, je vois les photos et les commentaires de collègues et de mordus d’automobiles qui montrent leur plus récente acquisition et la prochaine qu’ils espèrent ajouter à leur collection. Camionnettes incluses.

Pas besoin d’en avoir 150 dans un immense hangar, comme le fabuleux Jay Leno, pour appeler ça une collection. Si tu possèdes plus de deux voitures, mettons, tu l’as ta collection. Elle est modeste, mais quand même. Un proche collègue en a huit ou neuf, actuellement, et Michel Barrette toujours une trentaine. Minimum.

 

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Je ne me qualifie certainement pas avec les deux voitures stationnées derrière chez moi. Deux familiales, parce que ce sont évidemment les plus pratiques. Une Outback et une Focus à boîte manuelle d’une douzaine d’années qui sont propres, encore solides et qui roulent très bien.

Je crois même toujours voir une pointe de déception sur le visage des gens lorsque je réponds à la question «et vous, c’est quoi votre voiture?» Surtout s’ils m’ont vu déraper au volant d’une Porsche 911 à la télé ou décrire la tenue de route de la Corvette Z06 dans le Guide de l’auto.

 

Essayeur en série

L’histoire, c’est que je fais l’essai d’une soixantaine de véhicules à chaque année, sur les routes de chez nous. J’en ai même déjà essayé le double, les grosses années. Pas étonnant que les deux familiales n’aient pas beaucoup de kilométrage, me direz-vous.

Et ce n’est pas tout. J’en conduis quelques dizaines d’autres au fil des mois, aux lancements de nouveaux modèles, un peu partout. À l’occasion aussi des journées d’essais qui me permettent de voter sur des prix attribués à chaque année. Je fais même partie d’un jury international qui en distribue aux meilleurs moteurs, de Ferrari à Tesla.

Juste la semaine dernière, j’ai roulé vers Ypsilanti au Michigan pour les journées d’essais des prix nord-américains, mieux connus par le drôle de sigle NACTOY. Un trajet de mille et quelques kilomètres, avalé d’un trait.

 

Une fois là-bas, j’ai conduit vingt-huit véhicules différents en deux jours et demi, en prenant des notes et des photos. C’était une petite année, parce que les essais débutaient une heure plus tard le matin. J’en ai conduit trente-six il y a deux ans. Je me néglige.

Trois jours après, je repartais dans un multisegment pour les essais annuels de l’AJAC, en Ontario. C’est mieux encore qu’au Michigan parce que je pourrai conduire plusieurs des voitures sur le «petit» circuit de Mosport, parfait pour ce genre d’exercice.

 

Ajoutez de l’eau et remuez

Les choses y deviennent plus intéressantes et les tours bouclés plus révélateurs quand il se met à pleuvoir. Les chances sont assez bonnes merci, à la fin octobre. Je n’oublierai pas de sitôt les tours au volant des Cadillac CTS-V, Lexus RC F, Mercedes-AMG GT S et Porsche Cayman GT4, systèmes électroniques désactivés, à la pluie battante, il y a trois ans.

 

Remarquez que j’aime autant parcourir le tracé tout-terrain, étroit, sinueux et tortueux à souhait, aux commandes de tous les utilitaires sport, camionnettes et multisegments qui ont la prétention d’y avoir leur place. Question de découvrir leurs capacités réelles et leurs limites éventuelles, en quelques minutes. Le plaisir est différent mais certainement pas moins présent.

Comme au lancement de la dernière Mazda RX-7 à moteur rotatif turbocompressé, il y a un petit quart de siècle. C’était sur les routes joyeusement entortillées de la Caroline du Sud et il pleuvait abondamment. Gregory Young, as-relationniste de Mazda Canada, à l’époque, a raconté ensuite l’histoire du temps que j’ai mis à compléter, en solo, le parcours prévu.

 

Pour moi ce n’était rien de spécial, très franchement. J’ai seulement conduit cette sportive légère et nerveuse à souhait à mon goût, en respectant mes limites et en explorant joyeusement les siennes, je l’avoue.

Hautement contagieux

Je n’ai aucun mérite, à vrai dire. Mon père était un excellent conducteur, calme, précis et prudent, qui ne détestait pas pousser une petite pointe de temps à autres et s’est même offert quelques voitures de performance respectables, au fil des années.

C’est sûrement lui qui m’a transmis ce plaisir tout simple de conduire. Des voitures et toutes sortes d’autres machines. Mon frère a été piqué, lui aussi, avec les millions de kilomètres qu’il a parcourus et les milliers d’heures qu’il a passées depuis, aux commandes de toutes sortes d’engins. Sa collection est pas mal plus complète que la mienne, par contre. Et nos deux sœurs sont pas mal du tout au volant, en passant.

Le goût d’aller plus vite, en ligne droite ou en courbe, est venu plus tard. En dévorant des magazines et aussi les premières éditions du Guide de l’auto, sans compter les essais de Jacques Duval au Circuit Mont-Tremblant à la télé. Le reste a suivi, naturellement.

Et les voitures autonomes, dites-vous? J’ai franchement hâte d’essayer ça un jour, surtout sur un long trajet, pour constater que ces systèmes magiques sont enfin au point et parfaitement sûrs et fiables. Ce qui n’est certainement pas le cas maintenant.

Jusque là, je vais garder le volant et les pédales, merci beaucoup.

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