Mon premier «airbag»

Soixante ans derrière le volant et je n’avais jamais encore vu un coussin gonflable m’éclater en pleine face.

Coussin gonflable

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Soixante ans derrière le volant et je n’avais jamais encore vu un coussin gonflable m’éclater en pleine face. 

Or, c’est désormais chose faite depuis un récent accident à l’intersection de la route 116 et du boulevard Seigneurial, à St-Bruno. L’expérience mérite quelques lignes ou paragraphes.

Rappelons que ce dispositif de sécurité n‘a pas eu  la vie facile à ses débuts sur le marché. À ma connaissance, c’est General Motors qui fut le premier constructeur à revendiquer la paternité de cet accessoire anti-mort autour de 1973.

 

 

Ce ne fut pas chose facile car il y avait deux  factions au sein même du géant de l’auto: les pro «airbags» et les anti. 

D’une part, on le craignait comme la peste tandis que de l’autre, cet accessoire allait rendre l’automobile plus sécuritaire que jamais.

Chez les contestataires, dont je faisais partie, on était d’avis que le coussin gonflable n’était pas encore au point pour être offert tout de go dans les voitures du temps. Même après toutes ces années, il n’atteint pas une garantie absolue comme j’ai pu le constater. Deux des nombreux coussins de la Tesla Model S se sont déployés, celui du volant et celui au niveau des genoux, à faible vitesse, en heurtant une Honda Civic d’une quinzaine d’années qui elle n’a subi que des dommages légers.

La conductrice s’est d’ailleurs confondue en excuse, se rendant responsable de l’accident parce qu’elle avait interrompu soudainement sa séquence de freinage, au lieu de franchir l’intersection.
Personnellement, je  n’ai rien eu  si ce n’est une petite douleur au genou droit qui s’est rapidement envolée.

 

Le bruit d'un revolver

Sur un ton plus léger, je me souviendrai toujours  de ce bonhomme d’un âge certain qui avait déridé l’assistance lors du déploiement expérimental du premier «airbag» sur les terrains de GM à Black Lake, cette immense étendue d’asphalte que les pilotes amateurs confondaient avec une étendue d’eau peu propice à un amerrissage. 

Parmi les invités, il y avait ceux qui étaient convaincus qu’ils allaient assister à mort d’homme, en ce sens que l’explosion du sac aurait des conséquences funestes. Bref, il y avait du suspense dans l’air, surtout que le communiqué de présentation nous avisait que le déclenchement du coussin égalait en rapidité le déclenchement d’une balle de révolver.

Pour détendre l’atmosphère, un journaliste, ardent fumeur, s’adressa à l’ingénieur en chef du projet pour lui demander s’il risquait d’avaler sa pipe si jamais le coussin gonflable lui «pétait» en pleine face.

Bien sûr, GM avait réponse à tout et notre «fumeux» de pipe récolta plus de sourires qu’autre chose. Ce qui démontre que l’airbag  fut un truc controversé à ses débuts.

Si la comparaison avec une balle de révolver revient aussi souvent, c’est essentiellement ce que j’ai ressenti lors de mon accident, soit un bruit s’approchant de celui d’une arme à feu.

La déflagration intervenant dans un laps de temps ultra court, on a de la difficulté à se souvenir précisément ce qui se passe. En ce qui me concerne, l’effet de vitesse a été parfaitement ressenti avec en plus une sorte de poussière blanche qui accompagne le pétard causé par l’explosion. Bref, on aimerait pouvoir avoir un «slow motion» pour suivre le travail des coussins. Un moment on voit le tableau de bord et un moment on ne le voit plus. C’est aussi rapide que ça.

Deux coussins

Dans mon cas, deux coussins se sont déployés même si la vitesse de mon côté était plutôt lente, soit 35 ou 40 km/h selon mon estimé.

En revanche, la sensibilité de mon genou droit était toujours bien présente plusieurs jours  après l’incident. Du coup, les coussins de la Tesla auraient dû s’abstenir de fonctionner, d’autant plus que la pauvre dame dont j’ai heurté la Honda était dépourvue de dommages très visibles. Finalement, la Tesla S P85 semblait plus mal en point que la Honda. 

Je terminerai par une autre anecdote, soit celle où les portières de la Tesla, quoi que l’on fasse, se sont verrouillées automatiquement devenant   récalcitrantes à toute tentative d’ouverture. «Vous n’aviez qu’à utiliser les portes arrière», me suis-je fait dire. Or, celles-ci  refusaient de s’ouvrir également. C’est finalement la lunette arrière ouvrante qui m’a libéré de ma fâcheuse position.

Dommage que nous n’ayons pas de photo de cette inélégante sortie de secours. 

Airbag and Honk

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