Frédéric Mercier

Chevrolet Impala: la fin d’une époque à Oshawa

En annonçant la fin imminente de la production de l’Impala dans le cadre de sa radicale restructuration, General Motors s’apprête à envoyer l’un de ses modèles les plus iconiques au cimetière.

Chevrolet Impala

En annonçant la fin imminente de la production de l’Impala dans le cadre de sa radicale restructuration, General Motors s’apprête à envoyer l’un de ses modèles les plus iconiques au cimetière.

 

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Il faut retourner 60 ans en arrière pour retracer les débuts de l’Impala. En 1958, son nom fut adopté pour désigner la version la plus haut de gamme de la Chevrolet Bel Air.

 

La réponse du public fut excellente. Dès sa première année de service, la Bel Air Impala représentait 15% de la production totale de Chevrolet. Si bien que dès l’année suivante, en 1959, l’Impala devint un modèle à part entière, distinct de la Bel Air.

 

L’Impala traversa les années 60 en championne, remportant plus souvent qu’autrement la palme du modèle le plus vendu par Chevrolet sur le marché américain.

À une époque où les immenses gabarits et les gros V8 étaient la norme, la Chevrolet Impala tirait son épingle du jeu de brillante façon sur l’échiquier automobile.

La recette de son succès résidait notamment dans la personnalisation offerte par General Motors. Deux portes, quatre portes, convertible, familiale, amenez-en des versions! Même chose sous le capot, où Chevrolet proposait une multitude de motorisations différentes, allant d’un timide bloc à six cylindres en ligne jusqu’aux monstrueux V8 de 427 ou de 454 pouces cube de la fameuse Impala SS.

 

Une première retraite

Si les 15 premières années de la carrière de l’Impala furent couronnées de succès, l’iconique modèle américain connut des moments plus difficiles à l’aube de la décennie des années 80.

Crise pétrolière et normes environnementales obligent, l’industrie automobile américaine a dû abandonner les immenses bateaux sur quatre roues qui faisaient sa renommée pour se tourner vers des modèles plus compacts. Même l’Impala y a goûté lors de sa cinquième refonte, en 1977. Chevrolet se voyait alors forcée de réduire ses dimensions.

Dès lors, le modèle adoptait aussi des formes très rectangulaires qui n’avaient pratiquement plus rien à voir avec les premières Impala.

 

Chevrolet étira cette génération de l’Impala jusqu’en 1985. Puis, constatant une triste baisse de popularité, General Motors lança finalement la serviette, envoyant l’Impala aux oubliettes après une carrière longue de plus d’un quart de siècle.

Chevrolet ressuscita le modèle en 1994 avec une version modernisée de la SS, laquelle était animée par un V8 de 5,7 litres de 260 chevaux. L’expérience n’allait être de courte durée et l’Impala retomba dans l’oubli deux ans plus tard.

 

Les années 2000

Au tournant du millénaire, Chevrolet décida de donner une troisième chance à l’Impala. Le constructeur présenta une conception moderne d’une berline pleine grandeur afin de remplacer l’ennuyante Lumina.

Et c’est à l’usine ontarienne d’Oshawa, là même où elle est encore construite, que l’Impala revint à la vie.

 

Toutefois, oubliez les folies d’autrefois. L’Impala 2000 (la huitième génération depuis ses débuts) n’était offerte qu’en une configuration à quatre portes et un moteur à six cylindres. Pas de décapotable, pas de familiale et même pas de V8 à se mettre sous la dent. Avec cette nouvelle mouture, l’Impala abandonnait aussi sa configuration à roues motrices arrière et envoyait plutôt sa puissance au train avant. 

L’Impala reprit ainsi vie dans le paysage automobile nord-américain, gracieuseté des travailleurs et des travailleuses de l’usine d’Oshawa. Depuis près de 20 ans maintenant, des milliers de Canadiens ont contribué à cette troisième vie pour l’Impala.

Bien avant ça, l’usine d’Oshawa avait déjà servi à produire certaines générations du modèle. Même le Québec a eu son rôle à y jouer puisque certaines Impala de quatrième génération ont été assemblées à Sainte-Thérèse.

Tout ça est toutefois sur le point de se terminer. General Motors a annoncé la fermeture prochaine de l’usine ontarienne, sonnant ainsi l’arrêt de mort de l’Impala et de la Cadillac XTS de même qu’une mise à pied imminente pour plus de 2000 résidents de la région d’Oshawa.

Les choses changent rapidement dans l’industrie automobile, et force est de constater que la Chevrolet Impala n’a pas su s’adapter. Avec des ventes en perte de vitesse et un intérêt marqué des consommateurs pour les véhicules utilitaires, cette mise à la retraite de l’Impala n’est pas une surprise.

Reste que quand General Motors mettra la clé dans la porte de son usine d’Oshawa dans quelques mois, c’est un grand morceau de l’histoire automobile canadienne qui périra.

 

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